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FINANCEMENT / INVESTISSEMENT

Baisse du Livret A : faut-il se tourner vers les SCPI pour dynamiser son épargne immobilière ?

Source : Freepik

Le 1er août 2025, le taux d'intérêt du Livret A a été abaissé à 1,7 %, contre 2,4 % précédemment. Cette décision, annoncée par le ministre de l'Économie et des Finances le 16 juillet 2025, fait suite aux recommandations de la Banque de France. Une décision qui soulève des questions : pourquoi cette baisse ? Quelles conséquences pour le marché immobilier déjà sous tension ? Et surtout, face à un Livret A moins rémunérateur, les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) peuvent-elles incarner une alternative crédible pour ceux qui cherchent à valoriser leur épargne immobilière ?

Taux du Livret A : pourquoi cette baisse ?

Révisé deux fois par an, le taux du Livret A reflète l'évolution de deux indicateurs majeurs : l'inflation et les taux interbancaires. La baisse à 1,7 % effective depuis le 1er août 2025 contre 2,4 % précédemment s'inscrit dans une conjoncture économique profondément modifiée ces derniers mois.

L'inflation, d'abord, a nettement ralenti. En décembre 2024, la hausse des prix sur un an s'élevait à seulement 1,3 %, un niveau stable par rapport à novembre, selon l'Insee. Un net contraste avec les 5,9 % enregistrés fin 2022 et les 4,9 % de décembre 2023. Ce ralentissement s'est accentué au premier semestre 2025, avec une inflation tombée à 0,88 % en moyenne.

« Cette décision est motivée par un niveau d'inflation qui est tombé à 0,88 % au premier semestre et par le rôle central du Livret A dans le financement de l'économie du pays », justifie le ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et Numérique.

Autre facteur déterminant : les taux interbancaires, influencés par la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Leurs récentes évolutions ont également pesé dans la balance, incitant à une révision à la baisse du taux du Livret A.

Immobilier : la baisse du Livret A peut-elle rebattre les cartes ?

Si la baisse du taux du Livret A à 1,7 % semble d'abord concerner l'épargne des ménages, ses répercussions vont bien au-delà. En toile de fond, ce taux emblématique traduit des dynamiques macroéconomiques qui influencent à la fois les arbitrages patrimoniaux des particuliers et les conditions de financement du logement.

Le Livret A et les crédits immobiliers sont en effet étroitement liés. Tous deux évoluent sous l'effet des mêmes variables : inflation, taux directeurs et politique monétaire de la Banque centrale européenne. Dans un environnement de taux bas, une baisse du Livret A signale souvent un accès au crédit plus favorable : une aubaine pour les primo-accédants ou les ménages modestes, qui peuvent alors revenir sur le marché.

Mais cette mécanique peut aussi amplifier certaines tensions. Dans les zones tendues, où l'offre peine à répondre à la demande, des conditions d'emprunt assouplies peuvent accélérer la hausse des prix, voire alimenter des risques de surchauffe. Un scénario déjà observé, selon les analyses d'Opestone.

Autre effet indirect mais structurant : un Livret A faiblement rémunérateur incite les épargnants à réallouer leur capital vers des placements offrant un meilleur rendement. La pierre, et en particulier les SCPI, figure souvent parmi les alternatives privilégiées. Une dynamique qui pourrait renforcer la pression sur certains segments de marché, tout en redéfinissant les attentes des investisseurs immobiliers dans les mois à venir.

SCPI: une alternative pour dynamiser son épargne immobilière ?

Dans un environnement de taux bas et de rendement réglementé en berne, les SCPI suscitent un intérêt croissant chez les investisseurs à la recherche de solutions d'épargne plus dynamiques. Véritable outil de placement collectif, la SCPI permet à chaque associé, particulier, entreprise ou association d'acquérir des parts d'un portefeuille immobilier géré par une société spécialisée, sans avoir à assumer la gestion directe des biens.

L'un des principaux atouts de la SCPI réside dans sa capacité à mutualiser les risques, en diversifiant à la fois les classes d'actifs, les locataires et les zones géographiques. À cela s'ajoute la simplicité de gestion pour l'investisseur, qui reste à l'écart des contraintes opérationnelles de l'immobilier classique : gestion locative, travaux, impayés, etc.

Par ailleurs, certaines SCPI offrent des avantages fiscaux ciblés, notamment les SCPI fiscales (Pinel, Malraux, déficit foncier) ou de rendement, permettant d'optimiser l'effort d'épargne.

Néanmoins, les SCPI restent des placements immobiliers soumis à des risques spécifiques. Il implique une immobilisation sur le long terme (souvent dix ans ou plus), et peut exposer les associés à un risque de liquidité, notamment lors de la revente des parts sur un marché secondaire dépendant de l'offre et de la demande. S'ajoutent à cela des frais d'entrée non négligeables, qu'il convient d'amortir sur la durée.

Dans un contexte où les placements réglementés ne couvrent plus l'érosion monétaire, les SCPI apparaissent comme une voie de diversification crédible pour l'épargne immobilière. À condition d'en maîtriser les risques, elles offrent aux investisseurs une exposition au marché immobilier sans les contraintes de la gestion en direct. Pour les professionnels, c'est aussi l'occasion de faire évoluer le conseil patrimonial vers des solutions plus structurées, alliant rendement potentiel et vision de long terme.

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